La France met régulièrement en avant sa réussite nucléaire civile, présentée par ses partisans comme le moyen le plus efficace dans la lutte contre le changement climatique. Notre pays se présente même comme un, sinon le, « modèle à suivre » et a parfois des mots durs contre ceux qui choisissent une autre voie. Après tout, pourquoi pas ? Mais le propre d’un modèle étant d’être transposable, examinons ce que donnerait sa généralisation, a fortiori dans un monde toujours plus instable et dangereux.
En 2026, avec 57 réacteurs pour presque 70 millions d’habitants, nous disposons d’un réacteur (en moyenne de 1 GW) pour 1,25 million d’habitants. Le nucléaire fournit 70 % de nos consommations d’électricité.
L’électricité représentant à peine plus de 25% de nos consommations énergétiques finales, le nucléaire fournit donc un peu moins de 20 % de nos consommations énergétiques finales totales. Ce n’est pas rien, mais le « reste », soit 80%, est important. Il est constitué d’énergies renouvelables électriques et thermiques mais surtout d’énergies fossiles qui représentent environ 60% de nos consommations totales.
Que voudrait dire « appliquer notre modèle » à l’ensemble du monde ? Cet article tente de répondre à cette question.
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