Les SMR, nouvelle panacée ? dans la presse1950 –2025

, par   Gérard Magnin

SMR comme Small Modular Réacteurs ou Petits Réacteurs Modulaires. Il y a peu, presque personne n’en avait entendu parler. On mentionne aussi les AMR, comme Advanced Modular Reactors, supposés être de petits surgénérateurs.
Le concept peut se résumer ainsi : du fait de la difficulté à conduire des chantiers de réacteurs nucléaires de grande taille dans des délais et coûts raisonnables, il s’agirait de construire des réacteurs de petite taille. Assemblés en ateliers afin de réduire les aléas de chantiers, ils seraient ensuite déplacés et montés sur site. Ils seraient modulaires, c’est à dire susceptibles d’être installés en une ou plusieurs unités, afin de satisfaire des besoins de chauffage urbain, industriels et/ou de production d’électricité. L’effet de série ferait baisser les coûts.
Les petits réacteurs nucléaires ne sont pas nouveaux. On en réalise dès les années ’50 pour des besoins militaires, de recherche, aéronautiques et aérospatiales, de transport maritime, ou sur site. Afin de réduire les coûts, on en construit alors de plus gros. Aujourd’hui, pour réduire les coûts, on compte sur de plus petits et moyens modèles, localisés en proximité d’entreprises ou de lieux d’habitation afin de produire (aussi) du chauffage.
Il y en a eu de très petits (quelques dizaines de kW) et aujourd’hui certains sont prévus pour atteindre 5 à 700 MW, c’est à dire la taille de ceux qui étaient considérés comme gros il y a cinquante ans. Et il y a des intermédiaires.
Selon l’Agence de l’Energie Nucléaire (AEN) de l’OCDE, il n’y aurait en 2025 pas moins de 122 concepts en cours dans le monde, contre 98 en 2024. Or chacun convient qu’une éventuelle baisse des coûts pourrait provenir d’une production en série d’un même modèle… Cherchez l’erreur !
A la différence du passé, les entreprises historiques du nucléaire ne tiennent pas le haut du pavé. Voici venu le temps des start-ups du nucléaire, considérant que leur inexpérience dans le domaine serait un gage de réussite.
Les SMR répondront-ils vraiment aux promesses et aux attentes qu’elles suscitent ?
Ou seront-ils la répétition de processus déjà vécus dans le secteur nucléaire, selon un cycle désormais bien connu qui débute par des grands espoirs, se poursuit avec de premiers toussotements, puis finit par ne pas fonctionner, même au prix de délais sans cesse repoussés et d’explosion des coûts ?
Nous verrons bien. Mais il est étonnant qu’une technologie qui aujourd’hui n’est pas encore mature, dispose rarement d’avis d’autorités de sûreté, est incapable d’afficher des coûts et des modes de financement et ne se pose aucune question d’acceptation sociale, le tout dans un monde où les risques de nature militaire s’accroissent, soit présentée le plus souvent comme LA solution d’avenir, sans laquelle rien ne serait possible, ni en termes d’objectifs climatiques ni de satisfaction de besoins énergétiques.
Il n’est pas impossible que l’avenir soit un peu différent. A suivre…

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