Le projet CIGEO, comme ses alternatives possibles pour traiter le stockage à très long terme des déchets nucléaires à vie longue, engendrera des coûts sur plusieurs siècles. Afin d’optimiser la décision sur le plan économique et d’évaluer les provisions à constituer pour faire face à ces coûts sur la durée, les Pouvoirs Publics et les principaux acteurs se sont attachés à évaluer l’ensemble de ces coûts et à les rendre globalement comparables compte-tenu d’échéanciers de dépenses très différents.
Mais les méthodes retenues se heurtent toutes au même mur, à savoir que la pertinence de leurs fondamentaux théoriques décroit rapidement avec le temps, et disparait totalement après deux générations, soit une cinquantaine d’années, pour des projets susceptibles de s’étaler sur plusieurs siècles. Cela est vrai autant pour l’évaluation des coûts après 50 ans, que pour le recours à l’actualisation pour comparer les coûts globaux de projets concurrents, et que pour l’établissement des provisions pour faire face à ces coûts sur l’ensemble de la durée des projets.
Ce qui est en jeu, c’est d’abord l’absence totale de pertinence et de crédibilité des coûts annoncés, et donc l’absence de légitimité économique du choix de CIGEO. C’est ensuite les modalités de fixation des provisions que devront supporter les acteurs, susceptibles d’impacter lourdement l’évolution à long terme du coût du kWh nucléaire.
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